CHRONIQUE
100% ÉDITORIAL
Par Louis Turbide
La plus belle saison de l’année qui débute
Automne 2025, je débute ma saison de chasse à l’orignal à la pourvoirie de l’ours blanc. J’accompagne 3 amis, dont Denis qui n’a jamais récolté de mâle de sa vie! Durant l’été je lui ai dit à plusieurs reprises que c’était son année et qu’il allait enfin récolter un beau buck! Ayant ciblé un endroit précis sur le territoire la veille, je pars avec Denis vers notre première station d’appel. Le soleil se lève à peine quand je suis prêt à débuter mes appels. Avant d’arriver au site choisi j’avais imité une femelle accompagnée de son veau, question de sécuriser nos déplacements. Je m’apprête à effectuer mon premier call quand j’entends un mâle répondre. Il se dirige déjà vers nous sûrement curieux des appels que j’ai lancés quelques minutes auparavant. Je lui réponds avec mon fameux Maheu et il en fait de même! C’est inexplicable cette sensation qui nous envahit lorsqu’on connecte avec un buck! Il se rapproche mais ce n’est pas le buck le plus excité que j’ai rencontré. Tellement que lorsque quelques rots semblent tous venir du même endroit, je dois en venir à la conclusion que si je n’essaie pas autre chose, je vais le perdre. Je décide de passer en mode buck et Denis et moi on part à sa rencontre. À peine 30 mètres plus loin je le vois enfin, un buck à palette d’au moins 3,5 ans. Je demande à Denis s’il le voit. Il me répond que non! Sous l’effet de l’adrénaline, je soulève Denis de terre (il fait 90 livres mouillés) et le positionne à ma gauche en lui demandant si là il le voyait! Bien entendu, il le voit et on entend la détonation vibrer dans les montagnes! Ça y est après plus de 30 ans à attendre ce moment Denis a enfin son premier buck! L’émotion est incroyable. Durée de la chasse : 30 minutes.
À peine remis de mes émotions, je me dirige avec ma conjointe dans la réserve faunique de Matane! Une première pour moi en 30 ans! Notre séjour est entamé depuis à peine quelques minutes qu’un premier mâle répond à mes vocalises. Mon objectif de ce voyage est de faire récolter son premier orignal à ma conjointe Line. Celle-ci est impressionnée d’entendre déjà un mâle et l’adrénaline monte rapidement d’un cran. Ayant été invités à nous joindre à un groupe double déjà composé de 6 autres chasseurs, j’ai pris le soin de demander quels étaient les critères de sélection pour cette première journée. J’entends encore Alain me lancer… ça prend des palettes! Conscient de ce critère, j’ai bien hâte de voir l’ampleur du panache de ce mâle. Il progresse tellement vite que ce n’est pas long qu’on l’aperçoit et que je me rends compte que c’est un mâle de 2,5 ans. Soudain, l’orignal s’arrête à 15 mètres de nous, ma conjointe a déjà le mâle dans le télescope de la carabine qui est appuyée sur un tripode. Un tir facile! Elle attend le GO! Tout se passe quasi trop rapidement. Je lui dis d’attendre, je veux voir le mâle sous d’autres angles avant de décider. Il a des palettes mais vraiment rien de bien gros. Est-ce suffisant pour le reste de l’équipe? Je m’interroge! Je continue à dialoguer avec lui et il décide de tenter de nous contourner tout en lâchant un beau rot de temps en temps. La scène dure quasi 15 minutes et à plusieurs reprises ma conjointe a des occasions de tir mais je décide de le laisser passer! On est dans la réserve faunique de Matane quand même et la chasse est débutée depuis seulement quelques minutes!
Après le départ de ce mâle, je recommence à effectuer mes appels! En moins d’une heure, deux autres mâles se manifestent en plus de quelques femelles qui semblent retenir leur mâle! Ça n’a aucun sens! Rien ne vient à portée de tir mais quel spectacle! Nous sommes aux anges! Interagir avec les orignaux il n’y a rien de plus enivrant à la chasse et c’est précisément pourquoi ce gibier nous fait tant vibrer! Comme si ce n’était pas assez, en revenant vers notre camion on croise un mâle avec des vraies palettes à faire rêver. Il s’en venait sur mon call mais puisqu’on est en déplacement, impossible de tenter un tir car il nous a vu en même temps que nous. Incroyable comme après-midi! Je chasse l’orignal depuis fort longtemps et je n’avais jamais eu autant d’action en un si court laps de temps!
Finalement rendu au chalet, on montre la vidéo du buck qu’on a laissé passer et les gars sont unanimes, ils auraient tous fait tirer ma conjointe! Je suis un peu déçu car j’attendais ce moment depuis longtemps mais on a quand même vécu ça ensemble et ce fut incroyable. Finalement, on a récolté ce même buck 36 heures plus tard mais Line ne le voyait pas assez et d’un commun accord, c’est moi qui ai tiré! Encore une fois un souvenir inestimable vécu en couple! Le lendemain matin, c’est avec 3 autres membres du groupe que je prends le bois à la recherche du second orignal de notre périple. Après une heure de chasse, je connecte sur un mâle et une femelle. Ils sont tellement près que je les entends marcher. C’est l’indice que ça me prenait pour commencer à intégrer un mâle dans mon dialogue car je sais que je suis déjà dans la bulle du buck. Deux minutes et trois séances de rattling peu agressives décident le mâle d’avancer et Stéphane effectue un tir parfait à environ 30 mètres! Wow! Imaginez, trois bucks récoltés en à peine trois jours de chasse!
Cette année, nous vivrons une chasse familiale en compagnie de certains de mes frères, un neveu, ma conjointe et quelques amis. Un groupe de 8 chasseurs qui vivront un 9 jours de chasse à l’arbalète en Gaspésie sur les terres publiques. Pour l’occasion vous pourrez me suivre quotidiennement sur ma page Facebook et celle du magazine 100% CHASSE PÊCHE! Je fais ça depuis quelques années et je sais que vous appréciez beaucoup! De mon côté, mon objectif demeure le même, soit de faire récolter le 1er orignal à ma conjointe. Et sincèrement, j’ai un petit feeling que l’année 2026 sera la bonne! Bonne saison de chasse à tout le monde! Passez du bon temps en forêt et amusez-vous bien!

