ORIGNAL TECHNIQUES

Améliorez vos sens partie 2

L’ouïe, l’odorat et le toucher

Dans une série de deux articles, l’auteur nous partage ses conseils pour améliorer vos sens tels que la vision, l’ouïe, l’odorat et le toucher afin d’augmenter vos chances de récolter un orignal. Voici le second article qui porte sur comment améliorer votre ouïe, votre odorat et le toucher pour repérer les orignaux.

L’ouïe

Lorsque je guide des clients, il est assez fréquent que ceux-ci n’entendent pas les premières vocalises émises par les orignaux. Parfois, cela s’explique par des problèmes auditifs. Mon audition a également diminué dans les dernières années. Ce qui a fait en sorte qu’il m’arrive de mal évaluer la direction, la distance ou la source des certains bruits émis par les orignaux. Il y a deux ans, j’ai réglé ce problème en achetant des petits appareils auditifs que j’utilise seulement pour la chasse pour environ 200 dollars. Il y a en d’ailleurs de plus en plus sur le marché, pas nécessairement spécialisé pour la chasse, mais qui font tout de même l’affaire. Toutefois, au-delà des problèmes d’audition, j’ai aussi remarqué deux autres tendances chez les chasseurs.

La première, que je considère assez importante, est que les chasseurs ne sont pas toujours concentrés ou aux aguets. Un nemrod qui souhaite augmenter ses chances de récolter un orignal doit toujours être aux aguets des moindres bruits, des sons ou des vocalises émis par les orignaux. La concentration du chasseur doit faire en sorte qu’il puisse rapidement entendre un indice sonore provoqué par la présence d’un orignal dans le coin. Ce qui n’est pas toujours simple parce que la faune et les éléments de la nature émettent des bruits répétitifs et la répétition provoque souvent une baisse de concentration chez les chasseurs. J’utilise personnellement les bruits répétitifs à mon avantage, parce que c’est lorsque j’entends un bruit qui contraste avec les bruits routiniers que je me concentre immédiatement à identifier le bruit pour valider s’il s’agit d’un orignal. Par exemple, si le vent souffle et qu’un corbeau croasse dans les airs à répétition, cela n’attirera pas mon attention, mais si j’entends un craquement dans la forêt, ce bruit distinctif attirera mon attention. Je me concentre immédiatement pour identifier s’il s’agit d’un orignal, ainsi que la provenance et la distance du craquement de branche. S’il y a un second craquement, c’est encore mieux, car c’est de l’information supplémentaire sur lequel je peux m’appuyer dans mon analyse.

Pour la seconde tendance, j’ai aussi remarqué que certains chasseurs ne semblent pas familiers avec les vocalises ou les sons émis par les orignaux. Par exemple, certains ne reconnaissent pas le «rot» d’un mâle ou la complainte d’une femelle non réceptive. À mon avis, tout chasseur doit s’exercer à reconnaître les vocalises de mâles et de femelles, ainsi que les bruits suivants: le renâcle d’un orignal (aussi appelé ébrouement), un orignal qui fait une souille et le mâle qui fait du «rattling» (voir l’article 3 sons essentiels à connaître). Heureusement, tous ces bruits sont disponibles sur Internet et le chasseur aura tout avantage à les écouter à quelques reprises avant d’aller en forêt. Ainsi, une fois à la chasse, les vocalises et les bruits émis par les orignaux seront immédiatement familiers et vous pourrez les reconnaître plus rapidement et donc adapter votre stratégie

Il faut toujours être concentré ou aux aguets à la chasse à l’orignal pour bien entendre les moindres bruits. Ceci étant particulièrement vrai après une séance d’appels.

L’odorat

Évidemment l’odorat n’est pas un organe très développé chez l’être humain comparativement aux animaux. Néanmoins, je suis capable de miser sur mon odorat pour repérer les souilles. Lorsque je marche en forêt et que je sens une souille à proximité, je me mets immédiatement à sa recherche. Évidemment, la souille est toujours facile à dénicher car mon nez me permet seulement de la repérer lorsque je suis qu’à quelques pieds. Soit dit en passant, généralement une souille est conçue dans un éclairci. Donc, si mon odorat m’indique qu’il y a une souille à proximité, je recherche immédiatement un éclairci pour la repérer. Une souille, c’est comme une mine d’or. Il faut savoir en tirer les avantages. La souille peut servir à identifier la grosseur des pistes du mâle, à tenir une séance d’appels pour vérifier s’il y a des mâles à proximité, à imprégner nos vêtements dans la souille ou à mettre de la terre souillée dans un sac pour s’en servir à un autre endroit ou un autre moment.

Aussi, je me sers de mon odorat pour pister un orignal qui sent le rut et dont je sais qu’il vient de passer. Généralement, il s’agit d’un mâle qui vient d’être tiré par mon chasseur. Évidemment il est plus facile de pister un animal blessé grâce au sang et aux empreintes mais, parfois, lorsque je ne trouve pas de sang ou que j’ai de la difficulté à suivre la trace, mon nez m’aide à confirmer que le mâle en rut est passé à un endroit précis ou qu’il est mort sans doute pas très loin.

Évidemment le chasseur a tout intérêt à se familiariser avec l’odeur d’une souille ou de rut d’un mâle, qui est en fait de l’urine de mâle mélangée avec la terre. Le mâle se roule dans sa souille et transporte cette odeur très forte et aphrodisiaque un peu partout autour de lui.

Il est parfois possible de repérer une souille fraîche avec notre odorat. Une découverte qui vaut son pesant d’or selon l’auteur.

Le toucher

Vous vous demandez sans doute comment est-ce possible de se servir du toucher pour augmenter nos chances de récolter un orignal? En fait, la réponse est dans le contexte de son utilisation. J’utilise le sens du toucher pour déterminer la direction du vent. Vous avez sans doute déjà vu des séquences vidéo où l’on voit un individu s’humecter l’index avant de le pointer en l’air pour sentir la direction du vent. De mon côté, je décèle la direction du vent non pas avec mon doigt, mais avec la surface de mes joues, de mon nez, de mon cou et du derrière de ma tête. Le touché de la brise ou de la rafale de vent sur mes joues et mon nez m’indiquent instantanément si le vent est de face, de la gauche ou de la droite. Tandis que le vent dans l’arrière de mon cou ou de ma tête m’indique qu’il vient de derrière. Évidemment, lorsque je sens le toucher du vent sur l’arrière de mon cou et de ma tête, c’est mauvais signe, car cela signifie que j’ai le vent dans le dos. Le vent dans le dos, diminue nos chances de voir un orignal, à moins qu’on dispose d’une bonne quantité d’urine de mâle (voir l’article Chasser dans le vent).

L’auteur est en mesure de sentir la direction du vent avec ses joues.

La plupart des chasseurs utilisent différents trucs pour déceler la direction du vent, comme par exemple: la poudre de talc, un jet de vaporisateur d’urine dans les airs, un petit fil qui pend sur notre arme, la direction des feuilles et des branches poussées par le vent, les prévisions météo, etc. Ce sont tous d’excellents trucs. Toutefois, pour moi l’avantage d’utiliser mes joues, mon nez et l’arrière de mon cou fait en sorte que je sais instantanément quelle est la direction du vent et immédiatement quand il change de direction. Le fait d’avoir développé mon sens du toucher pour sentir le vent sur ma peau m’a aussi appris à repérer immédiatement le changement de direction de l’air autour de moi.

C’est sûr que ça prend de la pratique, mais je vous encourage à essayer. Non seulement vous n’aurez plus besoin de traîner un objet pour déterminer la direction du vent, mais aussi vous constaterez immédiatement si le vent est favorable ou défavorable pour le parcours que vous êtes en train de faire en forêt. Par exemple, si vous savez qu’un orignal est tout près de vous, vous pourrez immédiatement adapter votre stratégie si le vent tourne comme par exemple en utilisant davantage d’urine, en changeant de direction pour avoir le vent de face ou en vous accroupissant le temps que le vent revienne dans une direction favorable.

En conclusion, le chasseur qui vise le succès de chasse peut se servir de tous ses sens pour maximiser ses chances de récolter son orignal. Pour mener à bien sa quête, le chasseur doit conserver un niveau élevé de concentration pour repérer les bruits des orignaux grâce à son ouïe. Il peut aussi se familiariser avec les bruits d’orignaux en visionnant des vidéos sur Internet. Le même chasseur peut également habituer son nez à repérer les souilles ou à sentir l’odeur de rut d’un orignal qui est passé à proximité. Finalement, le chasseur peut s’exercer à tout moment dans la nature à repérer le «toucher» du vent sur sa peau comme par exemple sur ses joues, son nez, son cou et sa tête pour déterminer si la direction du vent est favorable pour sa chasse. Sur ce, bonne pratique pour améliorer vos sens et les garder en éveil !

Un grand mâle déjoué par l’auteur. Comme quoi apprendre à se servir de ses sens peut être payant.

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